La question du fer – Bien comprendre, mieux agir !

Comprendre le fer peut devenir un vrai casse tête ! Trop bas, trop haut, impossible à remonter, sous estimé dans sa capacité oxydante, le fer est clairement incompris. Il est temps que ce métal retrouve sa place dans la santé et la vitalité de tous.tes. Le fer est un micronutriment (...)

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Comprendre le fer peut devenir un vrai casse tête ! Trop bas, trop haut, impossible à remonter, sous estimé dans sa capacité oxydante, le fer est clairement incompris. Il est temps que ce métal retrouve sa place dans la santé et la vitalité de tous.tes.


Le fer est un micronutriment essentiel à la vie : il participe à l’oxygénation cellulaire, au métabolisme énergétique, à la synthèse des neurotransmetteurs, au fonctionnement de votre thyroïde, à l’immunité et aux capacités de détoxification. Son métabolisme est complexe et finement régulé par l’organisme.

Pour commencer, quelques mots sur le fer et ses différentes « formes »

– Le fer sérique : c’est le fer qui circule dans le sang à un moment T. Il représente le fer en circulation (pas de réserve). Il peut-être élevé aujourd’hui et bas demain. Il est donc fluctuant et ce n’est pas un paramètre fiable s’il est observé seul.
– La transferrine : ce sont les transporteurs du fer (les vaisseaux en quelque sorte). Si la transferrine est basse, on considère qu’il n’y a pas assez de transporteurs (vaisseaux). Le fer n’ira pas correctement jusqu’aux tissus / cellules (il n’est pas transporté).
– Le coefficient de saturation de la transferrine : idéalement entre 25-35%. C’est le % de remplissage des « vaisseaux » (la transferrine). Ca nous dit quoi ? La transfferine peut-être ok (correcte), donc bien présente, mais elle peut-être « vide » (les vaisseaux sont là mais ne transportent rien). Très intéressant à analyser dans le cadre de l’inflammation.
– La ferritine : entre 60-100 ng. C’est le stock, l’entrepôt, les réserves. C’est la protéine qui va stocker le fer. C’est un bon marqueur, important, mais pas suffisant pour évaluer la question du fer (attention, dans le cadre d’une observation fonctionnelle, une ferritine « normale » peut-être insuffisante).

Une ferritine « normale » selon les normes de laboratoire peut être insuffisante pour un fonctionnement optimal. À l’inverse, une ferritine élevée peut masquer une carence réelle dans un contexte inflammatoire.

Le lien entre la ferritine et le foie

La ferritine est la protéine de stockage du fer. Contrairement à une idée répandue, elle ne reflète pas uniquement les apports alimentaires, mais surtout la capacité de l’organisme à stocker et gérer le fer. Et le foie joue ici un rôle majeur. Il constitue le principal entrepôt de ferritine et peut en stocker jusqu’à 70 %. Il assure le traitement, le stockage, le recyclage et la redistribution du fer selon les besoins physiologiques. C’est capital. Mais nous avons oublié un élément essentiel : pour que le fer soit correctement assimilé et utilisé, le foie doit être « fonctionnel ». Lorsque le foie est surchargé ou dysfonctionnel, la gestion du fer devient inefficace, même en présence d’apports suffisants.

Les causes d’un stockage hépatique défaillant sont fréquentes (et elles peuvent se multiplier les unes avec les autres) :

  • une inflammation chronique de bas grade, qui entraine une altération de la fonction hépatique (et donc de ses fonctions),

  • une charge virale latente (EBV, CMV…) qui mobilise à outrance les ressources du foie (et donc l’empêchent une nouvelle fois de faire le job),

  • une surcharge toxinique ou médicamenteuse, qui place la détoxification au premier plan (le corps gère par priorités, urgence. Il doit maintenir coute que coute les fonctions vitales et la vie. Il relaiera au second plan le moins « urgent »),

  • un flux biliaire ralenti ou une bile épaissie, empêchant le recyclage optimal du fer,

  • un stress chronique qui va altérer toutes les fonctions métaboliques,

  • des déséquilibres hormonaux, qui pourront engendrer un épuisement progressif des réserves.

 

L’hepcidine : la clé de régulation du fer

Le fer est un nutriment à double tranchant. Indispensable à l’organisme, il constitue aussi un carburant majeur pour les bactéries, levures et certains virus. Pour cette raison, le corps dispose d’un merveilleux mécanisme de régulation central : l’hepcidine. Produite par le foie, l’hepcidine décide :

  • si le fer peut être absorbé au niveau intestinal,

  • s’il peut être libéré des stocks,

  • ou s’il doit rester bloqué.

En situation d’inflammation chronique, de stress physiologique prolongé, de troubles digestifs, de surcharge métabolique ou de dysbiose intestinale, l’hepcidine augmente. Le fer devient alors volontairement inaccessible, même si les apports sont corrects.

C’est un mécanisme de défense appelé « immunité nutritionnelle » : le corps capte le fer pour éviter qu’il ne nourrisse des pathogènes. Dans ce cas, chercher à forcer la remontée du fer sans traiter le terrain est inefficace, voire contre-productif.

Digestion et intestin : un facteur déterminant

L’absorption du fer dépend directement de la qualité de la digestion.

Une hypochlorhydrie (manque d’acide chlorhydrique) empêche le fer d’être correctement ionisé et absorbé. Elle est fréquente en cas de stress chronique, de fatigue, d’hypothyroïdie, avec l’âge, ou lors de la prise d’IPP.

Un intestin inflammé, une dysbiose, une candidose ou une perméabilité intestinale altèrent également l’absorption du fer. Dans ces situations, l’organisme peut volontairement limiter l’entrée du fer via l’augmentation de l’hepcidine, afin de ne pas nourrir les micro-organismes opportunistes.

Ainsi, une ferritine basse peut être le reflet d’un problème digestif bien plus que d’un manque de fer. Encore une fois, forcer un apport de fer sans envisager le terrain est contre-productif. Il est capital de créer un environnement favorable à son absorption avant de supplémenter.

Le contexte aussi est important : observer les apports, les pertes et les besoins spécifiques

Certaines situations augmentent naturellement les besoins en fer :

  • règles abondantes ou cycles rapprochés (souvent associés à une dominance œstrogénique et/ou un déficit en progestérone),

  • grossesse et allaitement,

  • sport intensif,

  • troubles digestifs / maladies du digestif,
  • dons du sang répétés.

Par ailleurs, les apports peuvent être insuffisants, notamment chez les femmes, les personnes végétariennes ou flexitariennes.
Le fer héminique (viande rouge, boudin noir) est absorbé à hauteur de 20 à 40 %, tandis que le fer non héminique des végétaux l’est beaucoup moins (5 % à 20%), même en présence de vitamine C.

L’observation en consultation est capitale : elle permet de comprendre le contexte et d’évaluer les apports vs les pertes.

La supplémentation : utile, mais jamais isolée

Lorsque la question de la supplémentation se pose, il est nécessaire de bien observer tous les paramètres pour comprendre et adapter :

  • les entrées de fer / les sorties de fer
  • le terrain
  • les résultats de biologie et peut-être même d’autres biologies
  • l’anamnèse et la symptomatologie

Une fois les éléments posés, la supplémentation peut-être envisagée :

  • une stratégie ciblée selon le contexte (baisse de l’inflammation, réparation, apport via l’alimentation etc.),
  • une forme biodisponible (bisglycinate de fer), en association possible à la vitamine C et la lactoferrine, notamment en contexte inflammatoire,

  • des prises à distance des inhibiteurs d’absorption (les polyphénols (thé, café, jus de myrtille, chocolat etc.), les produits contenant du calcium, le magnésium, le zinc),

  • avec un contrôle biologique régulier.

Mais aucune supplémentation ne peut compenser durablement un foie surchargé, un intestin inflammé ou une hepcidine élevée. C’est d’abord le terrain qui doit-être corrigé ;-).

Remonter la ferritine : une approche globale indispensable

Travailler sur le fer, c’est travailler sur l’ensemble du terrain :

  • fonction hépatique et flux biliaire,

  • digestion et intégrité intestinale,

  • inflammation chronique,

  • équilibre hormonal,

  • gestion du stress et du système nerveux.

C’est cette approche globale qui permet une remontée durable et physiologique des réserves, sans forcer le corps, ni nourrir des déséquilibres sous-jacents.

Ici au Centre De Naturopathie Holistique, près de Vannes, j’accompagne celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre leur physiologie, l’impact de leurs choix et se créer un contexte favorable au retour à l’équilibre. Pas de solutions miracles, pas de formules magiques, juste du temps et des actions ciblées.

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